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DEAD END. †

Je n'ai pas la prétention de me définir co...

    Je n'ai plus le temps d'écrire, mais sachez que je ne compte pas laisser tomber cette histoire. Lucy a encore beaucoup de choses à raconter. (15/05/2017)

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Présentation. 20/05/2013

Je ne suis pas ici pour parler de moi, mais pour vous montrer mon univers. Surtout, pour vous présenter mes écrits. Je me suis pas écrivain, loin de là. Simplement, j'aimerai que vous vous attardiez, ne serait-ce qu'un instant, sur mon travail. Qui sait ? Peut-être qu'à votre tour, vous entrerez dans mon monde...

Découvrez mes autres histoires sur ScreamingPain.







Blog répertorié sur unrepertoiredefictions et hopital-repertoire, allez donner votre avis sur ma fiction là-bas également ! ♥


Note ; J'ai laissé les crédits sur les illustrations qui ne m'appartenaient pas, mais pour ceux que ça intéresse, vous pouvez retrouver son merveilleux travail ici :

Anything but you. 25/05/2013

#Synopsis Ash et Lucy formaient le couple le plus populaire de leur village natal, et rien ne semblait pouvoir les séparer. Pourtant, à la suite d'un accident de voiture, Lucy perdit la mémoire. Elle se rapprocha alors dangereusement de Cam, le meilleur ami des deux amants, tandis qu'Ash tentait désespérément de regagner le c½ur de sa belle...

Anything but you. 24/04/2014


Prologue :

UN CADEAU AU GOÛT AMER.



Le vingt-cinquième anniversaire d'Ash approchait à grands pas. Alors que je me promenais en ville avec Cam, mon meilleur ami -et celui d'Ash par la même occasion-, je comptais sur mes doigts avec un sourire enfantin, tandis que mon interlocuteur me couvait d'un regard doux.

« Ash et moi sommes ensemble depuis huit ans, quatre mois et douze jours exactement ! », déclarai-je joyeusement. Cam s'esclaffa en ébouriffant mes cheveux, une manie qui l'avait pris des années plus tôt et qui ne l'avait jamais quitté.
« Tu comptes encore les jours, depuis toutes ses années ? Décidément, tu m'étonneras toujours, Lucy. »

Puis il saisit ma main et m'entraîna dans une petite boutique de bijoux. Nous nous dirigeâmes directement vers le rayon réservé aux hommes, et une employée nous rejoignit pour nous proposer ses conseils. Je cherchais quelque chose d'original, mais qu'il pouvait porter au quotidien. Une bague était hors de question, cela me donnait l'impression de le demander en mariage. Non pas que je n'y avais pas songé. Mais quelque chose me disait qu'Ash trouverait le moment propice pour se proposer. Je savais qu'il n'aimait pas l'or jaune, aussi orientai-je mon choix vers un bijou en or blanc. J'avais suffisamment économisé pour me permettre d'acheter un cadeau sans me préoccuper du prix. C'est alors que je le vis. Un collier en or blanc, d'où pendait une croix portant un saphir en son centre. Il était exposé tout au fond de la vitrine, à l'abri des regards, et la vendeuse parut surprise de mon choix. Elle me proposa d'autres articles, plus beaux les uns que les autres, mais je les refusai tous d'un geste de la main. J'avais trouvé le cadeau parfait. Cam hocha la tête, lui aussi persuadé que cela plairait à son meilleur ami. Alors que la vendeuse annonçait le prix du collier, Cam me lança un regard inquiet en coin, auquel je répondis par un grand sourire qui signifiait : 'Si c'est pour Ash, rien n'est assez cher'. Mon meilleur ami comprit le message ; il me connaissait après tout depuis des années et avait appris à lire au travers de mes expressions faciales. Après un rapide passage en caisse, et une remarque grommelée de Cam sur le prix exorbitant de la joaillerie, nous sortîmes de la boutique, et une fois dans la rue, je laissai éclater ma joie.

« Ce cadeau est génial ! Je suis sûre que Ash va adorer ! » Ce à quoi Cam rétorqua :
« S'il n'en veut pas, moi, je le récupère ! » Je ris et déposai un léger baiser sur sa joue, accompagné d'un clin d'½il.
« Hors de question ! Il le portera, de force s'il le faut ! Toi, tu attends jusqu'à ton anniversaire. » Il fit mine de bouder, mais le connaissant, je me doutai que cela ne durerait pas très longtemps.
« Je sais que tu m'aimes trop pour m'ignorer plus de deux minutes, Cam., lui fis-je remarquer avec un coup de coude.
- On parie ? » fut la seule réponse qui me vint avant qu'il ne s'enferme dans un silence mutin. J'éclatai de rire devant son entêtement, et haussai les épaules.
« Tu vas le regretter, tu sais ? Je ne perds jamais mes paris. » Il ouvrit la bouche, et la referma aussitôt.
« J'ai failli t'avoir ! », m'exclamai-je en souriant. Il me suffisait d'être patiente, Cam était une véritable pipelette. Nous marchâmes ainsi pendant cinq minutes. Alors que nous nous arrêtâmes à un carrefour, je déclarai avec un sourire vaincu :
« D'accord, d'accord, j'ai perdu pour cette fois. » Accompagnant mes paroles de gestes, je continuai :
« La prochaine fois, c'est moi qui- » Le petit sac contenant le cadeau d'Ash glissa de mes mains. Je me précipitai en avant pour le rattraper, sans me soucier de ce que Cam me criait. Jusqu'à ce qu'il hurle mon prénom. Il était déjà trop tard. La voiture fonçait droit vers moi.
 
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Voilà voilà, c'est tout pour le moment ! N'hésitez pas à venir me dire en commentaire si vous avez apprécié ou non, les critiques sont toujours les bienvenues. A bientôt !

Anything but you. 01/05/2014


Partie I - Chapitre 1 :

LUCY.


Lorsque j'ouvris les yeux, le soleil entrait à flots dans la pièce. Combien de temps avais-je dormi ? Je n'avais pourtant pas l'impression de m'être assoupie. Alors que je plissais les yeux pour m'habituer au brusque éclairage, un moment de panique me gagna. Je ne reconnaissais pas l'endroit où j'étais allongée. Les murs étaient blancs et froids, la fenêtre ne comportait pas de rideaux. Je ne me souvenais pas que ma chambre était aussi inhospitalière. D'ailleurs, comment était ma chambre ? Je ne parvenais pas à m'en rappeler. Un mouvement de peur m'envahit, et je voulus me redresser, sans succès cependant. C'est alors qu'un homme en blouse blanche qui, à voir son allure, était probablement médecin, entra silencieusement pour s'asseoir sur la chaise à côté de moi. Il prit une longue inspiration, et je pus lire sur son visage que ce qu'il s'apprêtait à me dire n'était définitivement pas une bonne nouvelle. Il parla lentement, de la même façon que s'il s'était adressé à une enfant de cinq ans. Mais c'était l'état dans lequel je me trouvais en ce moment-même. J'étais comme une petite fille effrayée par ce qui l'entourait. Je n'avais plus aucun repère, si bien que je sentis les larmes me monter aux yeux. L'homme dû le remarquer également, puisqu'il saisit doucement ma main pour me rassurer.

« Lucy. », murmura-t-il. Je relevai les yeux précipitamment. Lucy. Lucy. Il avait raison, ce nom me semblait familier. Quelque part au fond de mon esprit, je pressentai que mon cerveau tentait d'associer mon prénom à autre chose, sans y parvenir. Le médecin continuait de parler, mais cette fois, je prêtai attention à ce qu'il disait.
« Tu as été victime d'un accident. Une voiture t'a percutée. Tu te souviens ? » Je secouai la tête.
« Tu as de la chance, tu sais. Ton ami a réagi au quart de tour et t'a donné les premiers soins. S'il n'avait pas été là, je ne sais pas si tu te serais réveillée un jour... » Mon ami ? Je ne me souvenais de rien... En tout cas, il fallait que je le remercie. Le docteur reprit.
« Tu as été blessée à la tête et ton cerveau a été touché. Tu es tombée dans le coma et... Tu ne te rappelles de rien ? » Je secouai une fois de plus la tête.
« C'est bien ce que je craignais. Tu as perdu la mémoire. Je ne sais pas si tu retrouveras tes souvenirs un jour. J'en doute. Mais il ne faut pas perdre espoir, Lucy. » Étrangement, cela ne me fit rien. Apprendre que j'avais oublié tout mon passé ne m'atteignait pas. Avais-je perdu mes sentiments en même temps que la mémoire ?

« Lucy. » Perdue dans mes pensées, je n'avais pas vu le médecin se retirer pour laisser sa place à un jeune homme aux cheveux blonds cendrés. Ses yeux gris étaient soulignés par de gros cernes. Il avait l'air inquiet. Était-il possible qu'il ait veillé sur moi pendant tout ce temps ? Sa voix ne me semblait pas inconnue. Son regard non plus. Ses pupilles d'argent croisèrent les miennes, et il comprit que je ne le reconnaissais pas. Une ombre de tristesse passa l'espace d'un instant sur son doux visage, aussitôt chassée par un sourire qu'il voulait réconfortant.
« C'est moi, Ash. » Son prénom réveilla quelque chose en moi, sans que je puisse mettre des mots dessus. Il resta silencieux quelques secondes, me dévisageant de son regard insistant. Alors que mon corps tout entier me hurlait que nous étions bien plus que de simples connaissances, mon esprit ne parvenait pas à se souvenir de qui il était. Finalement, il dit simplement :
« Ce n'est pas grave si tu ne te rappelles pas. Ça reviendra lentement avec le temps. » Je secouai lentement la tête. Le médecin m'avait prévenue. Il n'y avait que très peu de chances que je retrouve la mémoire un jour... Je pouvais lire la souffrance dans ses yeux. Désespérée, je continuais à le fixer, espérant ainsi faire resurgir un souvenir quelconque. Mais rien ne vint. La seule chose qui me faisait réagir était le collier orné d'une croix grise qu'il portait autour du cou. Je l'avais peut-être déjà vu dans ma vie antérieure à l'accident. Finalement, Ash se prépara à partir. Au moment où il allait ouvrir la porte, celle-ci claqua contre le mur dans un vacarme assourdissant. Au seuil se trouvait un homme brun, haletant et couvert de sueur. Il avait sans aucun doute couru pour venir jusqu'ici. Pour me voir ?

« Lucy ! », cria-t-il. Il se précipita à mes côtés et me serra si fort contre lui que je crus qu'il allait me briser les os. Avions-nous eu une relation dans le passé ? Probablement. Je jetai un regard en coin au prénommé Ash. Les yeux rivés au sol, sa lèvre inférieure tremblait et ses poings étaient serrés à s'en faire blanchir les articulations. Il était en colère. Très en colère, même. Sans vraiment savoir pourquoi, je repoussai lentement l'homme qui me retenait contre son torse avec un sourire contrit. Il ne s'en offensa point et posa sa grande main chaude sur ma tête, ébouriffant gentiment mes cheveux.
« Je suis le grand, le seul et unique Cam ! », cria-t-il solennellement en frappant son torse de son autre poing, avant de sourire de toutes ses dents. J'éclatai de rire spontanément, oubliant totalement la présence de Ash. Ce dernier quitta d'ailleurs précipitamment la pièce en claquant la pauvre porte en bois qui n'avait rien demandé, non sans avoir préalablement gratifié Cam d'un regard noir. Remarquant mon air inquiet, le brun me sourit de manière rassurante, ses yeux verts étincelants de malice.
« Ne t'en fais pas, ça lui passera. Tu sais, c'est dur pour lui. (Il se reprit aussitôt.) C'est dur pour nous tous. » J'hochai vaguement la tête, sans quitter la porte du regard. Ash m'en voulait sûrement. Mon c½ur se serra à cette idée. A présent, j'en étais persuadée : Ash était important pour moi. Cam posa sa main sur mon épaule. Lui aussi était important, dans une certaine mesure. Il s'installa sur le tabouret à côté de mon lit et débuta un long, mais confortable silence. Une dizaine de minutes plus tard, alors que Cam s'apprêtait à prendre la parole, deux coups discrets furent frappés à la porte. Un homme dans la trentaine entra, le visage fermé. Cam se leva aussitôt.

« Je vais vous laisser. On se revoit très bientôt, Lucy. »

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C'est ici que l'on se quitte. Alors, une préférence entre Ash et Cam ? Une idée de la personne entrée dans la pièce ? J'attends vos réponses avec impatience ! A la prochaine !

Anything but you. 01/05/2014


Partie I - Chapitre 2 :

Une fois qu'il fut sorti, l'homme se rapprocha et j'en profitai pour le détailler du regard. Il était grand, plus grand encore que Cam, et avait des épaules plus carrées. Il avait des cheveux blond platine et des yeux noisette, et portait un costume noir. Il n'avait pas l'air rassurant avec ses sourcils froncés, aussi eus-je un mouvement de recul lorsqu'il s'assit sur le siège à ma droite.

« Qui êtes-vous ? » Il parut blessé, et j'eus un pincement au c½ur en le voyant ainsi. Il planta ses yeux dans les miens, et murmura :
« J'ai sauté dans le premier train lorsque j'ai appris que tu t'étais réveillée. Lorsque tu as été victime de l'accident... J'ai cru que tu ne sortirais jamais du coma. » Des larmes se formaient au coin de ses yeux, et il posa sa grande main chaleureuse sur ma joue. Un sentiment de nostalgie m'envahit. Je connaissais cette chaleur. Enfin, un sourire apparut sur son visage.
« Ma précieuse petite s½ur... Je suis tellement heureux de te revoir. » Je restai silencieuse. J'avais espéré au fond de moi que, malgré tout, je me souviendrais au moins des membres de ma famille. Mais j'avais été incapable de reconnaître mon propre frère. Mon monde intérieur s'effondrait alors que je prenais enfin conscience de l'ampleur du problème. Mon frère me saisit la main, comme s'il avait senti mon désespoir.
« Je m'appelle Daniel... Tu avais pour habitude de m'appeler Dani. », poursuivit-il avec un faible sourire. En voyant que je ne répliquais pas, il reprit la parole.
« Tu es Lucy. Tu as vingt-quatre ans, et ton anniversaire est le quatorze août. Tu es titulaire d'une licence en sciences humaines. Tu adores les chiens et... » Sa voix se brisa, alors que je me mordais la lèvre inférieure. J'avais envie de pleurer, tout comme lui. Il pressa ma main un peu plus fort, pour me rappeler sans un mot que je n'étais plus seule. Mais même si je n'étais plus seule, je n'étais plus rien. La jeune fille qu'on appelait Lucy avait disparu le jour de cet accident. Ne restait plus qu'un corps sans âme. Mon frère avait beau me conter ma vie, tout me semblait lointain et inaccessible. Pourrais-je continuer la vie de Lucy, sans aucun de ses souvenirs ? Une fois sortie de cette chambre d'hôpital, qu'allais-je faire ? Je ne savais pas où aller. Daniel semblait habiter loin, puisqu'il avait pris le train pour venir ici. A part lui, il ne restait que Cam ou Ash, mais je n'avais aucun moyen de les contacter. Et même si j'avais effectivement une maison où vivre, comment payer mes besoins quotidiens ? Avais-je un travail ? Avais-je seulement un compte en banque avec suffisamment d'économies pour survivre le temps de trouver une solution au problème ? Les premières larmes coulèrent sur mes joues, sans que je ne fasse quoi que ce soit pour les arrêter, et cette même question revenait sans cesse. Qu'allais-je faire ? Qu'aurait fait Lucy ? Se serait-elle battue, ou aurait-elle abandonné ? Le téléphone de Daniel sonna, coupant court à mes réflexions. Il s'excusa et quitta la pièce, l'air troublé. J'étais seule de nouveau, et j'en profitai pour remettre de l'ordre dans mes pensées.

« Je suis Lucy. J'ai vingt-quatre ans. Daniel est mon frère. J'ai deux bons amis, Ash et Cam. J'ai été victime d'un accident de voiture. Je ne me souviens de rien. » C'en fut trop. Je m'effondrai. Une seule phrase passait en boucle dans mon esprit : "Ma vie est fichue". A présent, je ne faisais même plus l'effort d'essuyer mes larmes. A quoi bon ? Je ramenai mes jambes contre moi et posai mon menton sur mes genoux. Je restai ainsi à pleurer bruyamment pendant un moment qui me parut l'éternité, puis je sentis des bras s'enrouler autour de moi.
« Ça va aller. Je te le promets. » La voix réconfortante de mon frère parvint à m'apaiser légèrement. J'agrippai sa chemise de mes poings tremblants, blottissant ma tête contre son torse. Nous nous étreignîmes pendant quelques minutes qui me semblèrent des heures, jusqu'à ce que mes sanglots cessent enfin. Il posa ensuite ses mains sur mes épaules, souriant doucement.
« J'ai vu un médecin, il m'a donné l'autorisation pour que tu sortes. Rentrons à la maison, d'accord ? » J'effaçai les dernières traces de larmes, et m'autorisai à sourire pour la première fois depuis mon réveil, tout en hochant la tête. L'idée d'avoir un chez soi où retourner me réconforta.

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C'est tout pour cette fois ! Qui a bien pu appeler Daniel ? Et comment va s'en sortir Lucy dans sa toute nouvelle vie ? Réponse dans le prochain chapitre !

Anything but you. 14/12/2015


Partie I - Chapitre 3 :

Une jeune infirmière, qui avait sans doute attendu patiemment que ma crise de larmes cesse, entra dans la pièce doucement. Ses cheveux châtains étaient attachés en un chignon fait à la va vite, et ses yeux noisettes lui donnaient un regard doux. A sa veste était accroché un petit badge sur lequel je pus lire "Mari".

« Bonjour Lucy ! Je m'appelle Mari, je me suis occupée de vous pendant votre long sommeil, et je dois vous dire que je suis ravie de vous voir enfin éveillée. Je vais vous aider à vous lever, d'accord ? », déclara-t-elle en s'approchant.
Je hochai simplement la tête, alors qu'elle débranchait une à une toutes les machines connectées à mon corps. Ce ne fut qu'à ce moment que je constatai le nombre d'aiguilles enfoncées dans mon bras droit, et je me raidis instantanément. Mari dut le ressentir, car elle s'arrêta, alors qu'il n'en restait plus qu'une. Elle posa doucement sa deuxième main sur mon avant-bras, pour m'apaiser. Je compris le message, et soufflai un bon coup pour me détendre. Daniel me fit un sourire d'encouragement, et je sentis la dernière aiguille quitter ma peau, non sans douleur. Je fis une petite grimace, et machinalement, je me mis à plier et déplier le bras. La jeune infirmière me laissa faire une minute, puis dit doucement :
« On va se lever à présent. Appuyez-vous sur moi, Lucy. »

Lentement, je posai mes pieds au sol. Je passai un bras autour du cou de Mari, puis tentai de me lever. Mes jambes vacillèrent, et cette dernière me rattrapa avant que je ne finisse par terre. Devant mon air paniqué, elle me fit un léger sourire qui se voulait rassurant.
« Ce n'est rien. On va y aller plus doucement. Allez-y à votre rythme... Cela fait des mois que vos jambes n'ont pas fonctionné, il leur faut du temps. »
Je me redressai avec l'aide de la jeune femme. Le contact du carrelage froid contre mes pieds nus me fit frisonner. Et pourtant, cette simple sensation m'aida, pour la première fois depuis que j'avais ouvert les yeux, à me sentir vivante. Je n'avais peut-être plus aucun souvenir, mais j'étais en vie. Et c'était le plus important. Je le réalisais enfin, alors que le froid engourdissait mes orteils, et que je fis un premier pas. Puis un second. J'allais vers ma reconstruction. Lucy n'était pas morte. Tout comme mes premiers pas, elle allait revenir, lentement. Ce fut plus confiante que jamais que je m'éloignai de Mari, et mes pas chancelants se transformèrent en une démarche assurée. Mon frère, qui s'était placé devant la porte, m'ouvrit les bras, les yeux brillants. Pendant combien de temps avait-il attendu ce moment ? Avait-il seulement espéré pouvoir me serrer dans ses bras de nouveau ? Il ne versa pas une larme, malgré ses pupilles humides et ses lèvres tremblantes. Il avait probablement trop de fierté pour ça. Je le fis à sa place. Je me jetai dans ses bras tendus en pleurant bruyamment. Alors qu'il resserrait son étreinte, mes sanglots s'intensifièrent. J'étais vivante. Et je n'étais pas seule.

« Je t'aime, Lucy. », murmura-t-il en caressant mes cheveux. « Je ne te l'avais jamais dit. Si tu savais à quel point je l'ai regretté quand j'ai su pour l'accident... J'ai cru ne jamais pouvoir te le dire. Tu es la plus belle chose qui soit arrivée dans ma vie. Depuis ta naissance, jusqu'à maintenant, je t'ai toujours considérée comme la chose la plus précieuse qui m'ait été offerte. Je ne pourrai jamais remercier suffisamment mère pour cela... »
Alors que je fixais ses iris noisette, mes yeux emplis de larmes, je pouvais ressentir toute la souffrance et le regret qui se dissimulaient au fond de son regard. Daniel inspira doucement, et ses mains tremblantes vinrent saisir les miennes.
« Je... Je sais que je ne me suis pas comporté en bon grand frère avec toi. Je suis désolé d'avoir toujours priorisé le travail plutôt que toi. Je suis désolé de ne pas avoir été plus présent après le décès de père. Désolé de t'avoir autant négligée, alors que tu n'avais plus aucune famille vers qui te tourner. Lucy, tu as toutes les raisons de me haïr, et pourtant... Pourtant, tu ne l'as jamais fait. Tu ne m'en as jamais voulu. Je t'en prie, ne me déteste pas maintenant. Je ne supporterai plus d'être loin de toi... »
Une larme discrète s'échappa du coin de son ½il droit, et vint s'écraser sur ma main. Mon frère avait l'air tellement fragile, à cet instant... Comme si sa vie ne tenait plus qu'à un fil. Attendait-il mon pardon ? Cette fois-ci, ce fut moi qui lui adressai un doux sourire.
« Nous sommes une famille, Daniel. Nous l'avons toujours été, et nous le serons toujours. Rentrons à la maison. »
A ce moment-là, une incroyable confiance m'habitait. Je ne savais pas d'où elle provenait. Je ne me souvenais même pas de mon enfance passée auprès de mon frère, et pourtant j'étais intimement persuadée qu'il n'avait toujours voulu que mon bien, malgré tout ce qu'il venait de m'avouer. Je sentais que tout était possible à ses côtés, et que rien n'était perdu. En même temps que ma famille, j'avais aussi retrouvé l'espoir.

Ce fut main dans la main que nous quittâmes l'hôpital, non sans avoir auparavant remercié Mari, la jeune infirmière, et Lucas, le docteur qui s'était occupé de moi pendant mon coma. Daniel appela un taxi, et nous nous installâmes sur la banquette arrière alors qu'il indiquait l'adresse où nous nous rendions.
« Où allons-nous ? », demandai-je timidement. Mon frère tourna la tête vers moi, l'ombre d'un sourire flottant sur ses lèvres. Il avait l'air heureux. Était-ce parce que j'étais enfin sortie de cet hôpital de malheur ?
« Je te ramène à ton appartement. », répliqua-t-il en serrant doucement ma main, avant de reposer ses yeux sur la route qui défilait par la fenêtre.

J'avais envie d'engager la discussion, mais je ne savais pas par où commencer. Il y avait tellement de choses que je voulais lui demander... Je n'arrivais pas à mettre de l'ordre dans mes pensées. Finalement, j'optai pour une question qui se voulait banale pour briser le silence qui s'était installé.
« Dis-moi... Qui t'a appelé tout à l'heure ? » Cette fois-ci, Daniel ne me regarda pas dans les yeux, et répondit vaguement :
« Ce n'était pas important. Ne t'inquiète pas. » Intriguée par cette réponse, j'arquai un sourcil et décidai de presser un peu plus.
« Mais quelqu'un t'a bien appelé, non ? Qu'est-ce qu'il voulait ? » Je sentis son regard se durcir alors qu'il plantait ses pupilles dans les miennes et déclarait sèchement :
« Lucy, s'il te plaît. Ne parlons pas de ça. »
Refroidie par sa réponse, je me renfermai dans mon silence. Visiblement, j'avais touché un sujet fâcheux... Alors que je l'observai du coin de l'oeil, je remarquai qu'il avait l'air tourmenté. Je n'osai cependant pas lui poser de questions, de peur de le mettre en colère.

Finalement, nous arrivâmes à destination, et Daniel paya la course pendant que je sortais du taxi pour observer les environs. Nous étions dans un quartier résidentiel, avec de nombreux appartements. Sur ma droite, il y avait un petit parc, avec une aire de jeux pour les enfants. Un peu plus loin, je pus reconnaître une école ainsi qu'un supermarché. A gauche, de nombreux immeubles se succédaient. Je m'étirai, imprimant chaque détail de la vue qui s'offrait à moi en mémoire. Malheureusement, rien ne me semblait familier... Mon frère m'indiqua du doigt le petit bâtiment qui se dressait devant moi.
« C'est ici que tu vis, Lucy. »

Ce fut plus déterminée que jamais que je m'avançai vers l'entrée. Maintenant, je ne pouvais plus reculer. Il était grand temps que je me replonge dans ce que l'on appelait 'la vie'.

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Il a mis du temps à arriver, mais il est enfin là ! Pour me faire pardonner du temps d'attente, je l'ai fait beaucoup plus long que ce qui était prévu originellement. En tout cas, ça y est, Lucy est enfin sortie de l'hôpital ! Et face à elle se dresse le début de sa nouvelle vie...
Merci d'avoir été aussi patients avec moi, j'espère que ce chapitre vous aura autant plu que les précédents, si ce n'est plus ! A très vite !